Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
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Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Pascal a écrit:Pour autant, ne vous arrive t-il pas aussi de plonger volontairement dans le moment présent ( le rien, le vide, quels que soient les mots qu'on emploie...) et d'avoir le sentiment, en restant honnête avec soi-même, de ne pas tomber pour autant dans les pièges de la focalisation que vous décrivez?
Pour ma part, je continuais dans le sens du titre de ce topic, en fait, et je décris seulement là ce que j'ai découvert comme étant un piège subtil et spécifique, celui de la focalisation et de la concentration.
Pour répondre à ta question, je dirais que la volonté intervient dans la mise en acte de l'attention et de la vigilance, puisqu'il y a effectivement intention de revenir à l'instant present. Mais le fait est que l'expérience des deux m' emmene à noter une difference fondamentale entre la présence volontaire à l'instant, et la Présence Véritable.
C'est seulement de cela que je parle lorsque j'écris que le véritable contact à la Presence ne se fait que lors du lacher prise, et dans la béance du moi...
Joaquim a écrit:Il ne s'agit pas en effet de court-circuiter "je". Sans "je", il n'y a pas de présence.
Non, il ne s'agit pas de courcircuïter le "je", ni de devenir "autiste". C'est le forme spécifique, la structure qui permet "l'Etre" au monde.
La seule chose dont il est question, par exemple lorsque je parle de "béance du moi", c'est de la non identification et le lacher-prise à ses contenus. C'est je crois ce qui fait l'innocence de l'enfant, complétement ouvert au monde, et aussi ce qui nous permet en tre autre aussi de la retrouver.
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Ayashka a écrit:Je veux dire par là que lorsque mon mental veut créer l'attention, comme le mental est mouvement perpétuel, il le fait en produisant un mouvement : un mouvement vers "l'avant" : essayer de "forcer l'attention", vouloir "entrer" dans le monde, comme passer une porte. (Je suis désolée si c'est pas très compréhensible, c'est pas évident de décrire ça...) ; ou alors un mouvement vers "l'arrière" : se retirer volontairement, être un témoin, se détacher, reculer et observer...
Seulement ni l'un ni l'autre n'aboutit pour autant à l'attention, dans son existence la plus simple et la plus entière.
Car il y manque une fluidité, il y manque le naturel, ce que Joachim dans son message appelle la grâce...
La grâce c'est lorsqu'il n'y a plus d'intervention du mental pour pousser dans un sens ou dans l'autre, c'est lorsqu'il n'y a plus de mouvement vers le monde ou en retrait du monde.C'est lorsque l'on ne cherche plus, lorsque l'on n'essaye pas d'atteindre un résultat que l'on évalue par rapport à nos attentes, et à l'idée que l'on se fait de l'attention.
C'est lorsque l'on arrête de "bouger".
Alors on "fait corps" avec le monde, on est incorporé à chaque instant, complètement fluide, immobile et mouvant en même temps, mais ça n'est plus le mouvement du mental, c'est l'accompagnement de ce qui est, autour et à l'intérieur de soi, et entre lesquels il n'y a plus de séparation.

Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
mushotoku-nad a écrit:il y a effectivement intention de revenir à l'instant present.
Avoir l'intention de l'attention et puis.... lâcher-prise !
Et laisser faire la partie de nous qui a été interpellée par cette intention....
(facile à dire, n'est-il pas ?
Allez... y'a plus qu'à....
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Mushotoku-Nad a écrit:C'est seulement de cela que je parle lorsque j'écris que le véritable contact à la Presence ne se fait que lors du lacher prise, et dans la béance du moi...
En quelque sorte une attention à -ou au - tout, ouverte, sans focalisation, sans saisie, sans intention. Je crois que l'attention devient un mode d'être, une qualité de présence qui prend place.
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Aya a écrit:facile à dire, n'est-il pas ?
Allez... y'a plus qu'à.... )
Faut-qu'on!! "Ab-so-lu-ment"...
Lorsque vous aurez des Yeux dans vos yeux,une Main dans votre main,un Pied dans votre pied,une Image dans votre image, alors vous entrerez dans le Royaume....
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Bonsoir à tous,
Merci Jean-Marie d'avoir soulevé ce sujet fort intéressant qui me donne l'opportunité d'aller chercher des réponses au fond de moi tout en les confrontant aux différentes expressions de tous. Mon point de vue...
Vivre au présent est la tendance naturelle ; ainsi un enfant vit au présent d'une façon spontanée sans même y prêter attention. Si l'on part du principe que l'on doit ou même qu'il est nécessaire de revenir au présent, c'est un peu comme si on voulait amener d'une façon forte, ce qui est déjà naturel, déjà acquis, déjà notre tendance.
Suivant cette logique, peut-être serait-il plus judicieux de voir en soi ce qui nous a amené dans le passé ou dans une projection vers le futur... (ou aspirer à voir; car lorsque l'on désire voir, on donne ainsi l'opportunité à la perception de venir à soi dans les moments de silence)
En fait voir la cause, l'origine en soi de ce "départ" du présent.
Je me rends compte que lorsque je suis dans une projection vers le futur, c'est généralement la peur d'un devenir qui en est la cause ;
il n'y a évidemment pas de recette pour dépasser cette peur car bien sûr, elle se dépasse "par et à travers le silence" (méditation ou présence à ce qui est)
Même chose pour "les retours vers le passé", c'est généralement une angoisse qui en est à la base, un noeud en soi...
j'ai écrit "une approche" sur le dépassement des peurs, cliquer ICI (pour ceux qui ne connaîtraient pas mon blog) Mais dans le cas présent, il peut s'agir de peur qui ne sont pas perceptibles d'une façon criantes, mais plutôt, des traces subtiles en soi et que seul "le silence" nous laisse percevoir.
Il me semble que si l'on revient au présent d'une façon automatique sans "rentrer" en soi ou sans "aller" voir ce noeud, on perd ainsi l'occasion de le dépasser, de le dissoudre... (on l'élude en fait) et ainsi, toujours, il tendra à nous ramener vers un "ailleurs" (présent ou futur).
Une fois les peurs et angoisses dépassées, la présence au présent s'impose d'elle même...
Amitié à tous...
Jean-Yves
Merci Jean-Marie d'avoir soulevé ce sujet fort intéressant qui me donne l'opportunité d'aller chercher des réponses au fond de moi tout en les confrontant aux différentes expressions de tous. Mon point de vue...
Vivre au présent est la tendance naturelle ; ainsi un enfant vit au présent d'une façon spontanée sans même y prêter attention. Si l'on part du principe que l'on doit ou même qu'il est nécessaire de revenir au présent, c'est un peu comme si on voulait amener d'une façon forte, ce qui est déjà naturel, déjà acquis, déjà notre tendance.
Suivant cette logique, peut-être serait-il plus judicieux de voir en soi ce qui nous a amené dans le passé ou dans une projection vers le futur... (ou aspirer à voir; car lorsque l'on désire voir, on donne ainsi l'opportunité à la perception de venir à soi dans les moments de silence)
En fait voir la cause, l'origine en soi de ce "départ" du présent.
Je me rends compte que lorsque je suis dans une projection vers le futur, c'est généralement la peur d'un devenir qui en est la cause ;
il n'y a évidemment pas de recette pour dépasser cette peur car bien sûr, elle se dépasse "par et à travers le silence" (méditation ou présence à ce qui est)
Même chose pour "les retours vers le passé", c'est généralement une angoisse qui en est à la base, un noeud en soi...
j'ai écrit "une approche" sur le dépassement des peurs, cliquer ICI (pour ceux qui ne connaîtraient pas mon blog) Mais dans le cas présent, il peut s'agir de peur qui ne sont pas perceptibles d'une façon criantes, mais plutôt, des traces subtiles en soi et que seul "le silence" nous laisse percevoir.
Il me semble que si l'on revient au présent d'une façon automatique sans "rentrer" en soi ou sans "aller" voir ce noeud, on perd ainsi l'occasion de le dépasser, de le dissoudre... (on l'élude en fait) et ainsi, toujours, il tendra à nous ramener vers un "ailleurs" (présent ou futur).
Une fois les peurs et angoisses dépassées, la présence au présent s'impose d'elle même...
Amitié à tous...
Jean-Yves
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Hello Jean-Yves
Merci pour ton avis nuancé.
J'ai suivi le lien qui mène à ton blog...
Et, comme à chaque fois, je me suis laissé embarquer dans la lecture de mille et un de tes textes. Il en émane souvent une douceur et une pertinence qui ne trompe pas sur l'origine.
Merci pour ton avis nuancé.
J'ai suivi le lien qui mène à ton blog...
Et, comme à chaque fois, je me suis laissé embarquer dans la lecture de mille et un de tes textes. Il en émane souvent une douceur et une pertinence qui ne trompe pas sur l'origine.
Jean-Marie
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Bonjour Jean-Yves
Je crois que nous pouvons distinguer le moment présent qui est celui de l'enfant, du moment présent "en conscience", en "présence" qui est celui de l'éveil. Si éveil est considéré ici comme la connaissance des processus de l'Etreté, de l'Unicité de l'Etre.
On peut concevoir qu'il y a un instant présent ontologique puisque quelque soit le temps considéré par la pensée, penser se déploie dans le continuem de l'instant. le présent se succède à lui-même.
Donc tu as raison, il y a un présent auquel on n'échappe pas et qui est naturel, et il me semble qu'il s'agit d'en retrouver l'accès "en conscience", en ayant comblé l'ignorance du petit enfant, et en se libérant du passé et du futur, pour ce qu'ils représentent de distorsions et de projections.
Jean-Yves a écrit:Vivre au présent est la tendance naturelle ; ainsi un enfant vit au présent d'une façon spontanée sans même y prêter attention. Si l'on part du principe que l'on doit ou même qu'il est nécessaire de revenir au présent, c'est un peu comme si on voulait amener d'une façon forte, ce qui est déjà naturel, déjà acquis, déjà notre tendance.
Je crois que nous pouvons distinguer le moment présent qui est celui de l'enfant, du moment présent "en conscience", en "présence" qui est celui de l'éveil. Si éveil est considéré ici comme la connaissance des processus de l'Etreté, de l'Unicité de l'Etre.
On peut concevoir qu'il y a un instant présent ontologique puisque quelque soit le temps considéré par la pensée, penser se déploie dans le continuem de l'instant. le présent se succède à lui-même.
Donc tu as raison, il y a un présent auquel on n'échappe pas et qui est naturel, et il me semble qu'il s'agit d'en retrouver l'accès "en conscience", en ayant comblé l'ignorance du petit enfant, et en se libérant du passé et du futur, pour ce qu'ils représentent de distorsions et de projections.
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Bonjour à tous,
miboogh a écrit :
Je ne sais pas s'il y a une différence, peut-être cela mériterait d'être approfondi...
Merci beaucoup Jean-Marie pour les compliments...
Ca fait du bien d'être un peu flatté de temps en temps
; ça permet de voir cette part de soi qui se sent valorisée, élevée, glorifiée...
Ce qui est amusant en celà, c'est que si le texte est "inspiré" et vient du plus profond de soi, cet "ego" (ce niveau qui se nourrit des louanges) n'est en aucun cas l'auteur de ce texte (si ce n'est peut-être des imperfections qu'il peut contenir
)
Mais mon intention n'est pas ici de faire le procès de l'ego, bien sûr, mais de le voir là où il se trouve, de le reconnaître et de l'accueillir.
Car je ressens que cette énergie qui le constitue est un peu comme un enfant spontané qui s'exprime et que sans doute, son aspect le plus sournois est cette part de soi qui vient nous dire : "Ceci est l'ego ! il n'a rien à faire ici ! il doit disparaître !" (mais même cette "part" là, lorsqu'elle est vue et accueillie, elle n'a plus d'emprise)
Ce qui est aussi amusant en cela, c'est que cette énergie "d'enfant qui se sent flatté" lorsqu'une louange vient vers nous, si elle est accueillie à bras ouvert... elle se dissout et perd toute réalité, elle nous montre en fait ce qui la constitue (le Soi).
Amitié
Jean-Yves
miboogh a écrit :
Je crois que nous pouvons distinguer le moment présent qui est celui de l'enfant, du moment présent "en conscience", en "présence" qui est celui de l'éveil.
Je ne sais pas s'il y a une différence, peut-être cela mériterait d'être approfondi...
Merci beaucoup Jean-Marie pour les compliments...
Ca fait du bien d'être un peu flatté de temps en temps
Ce qui est amusant en celà, c'est que si le texte est "inspiré" et vient du plus profond de soi, cet "ego" (ce niveau qui se nourrit des louanges) n'est en aucun cas l'auteur de ce texte (si ce n'est peut-être des imperfections qu'il peut contenir
Mais mon intention n'est pas ici de faire le procès de l'ego, bien sûr, mais de le voir là où il se trouve, de le reconnaître et de l'accueillir.
Car je ressens que cette énergie qui le constitue est un peu comme un enfant spontané qui s'exprime et que sans doute, son aspect le plus sournois est cette part de soi qui vient nous dire : "Ceci est l'ego ! il n'a rien à faire ici ! il doit disparaître !" (mais même cette "part" là, lorsqu'elle est vue et accueillie, elle n'a plus d'emprise)
Ce qui est aussi amusant en cela, c'est que cette énergie "d'enfant qui se sent flatté" lorsqu'une louange vient vers nous, si elle est accueillie à bras ouvert... elle se dissout et perd toute réalité, elle nous montre en fait ce qui la constitue (le Soi).
Amitié
Jean-Yves
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
miboogh a écrit :
Je crois que nous pouvons distinguer le moment présent qui est celui de l'enfant, du moment présent "en conscience", en "présence" qui est celui de l'éveil.
Oui, d'être approfondi en soi et que cette différence puisse apparaître comme une évidence alors que paradoxalement il y a effectivement une unité de ce qui procède à l'instant présent pour chacun, de l'enfant à l'adulte.
Je crois que nous pouvons distinguer le moment présent qui est celui de l'enfant, du moment présent "en conscience", en "présence" qui est celui de l'éveil.
Jean-Yves a écrit:Je ne sais pas s'il y a une différence, peut-être cela mériterait d'être approfondi...
Oui, d'être approfondi en soi et que cette différence puisse apparaître comme une évidence alors que paradoxalement il y a effectivement une unité de ce qui procède à l'instant présent pour chacun, de l'enfant à l'adulte.
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
Jean yves a écrit:Je ne sais pas s'il y a une différence, peut-être cela mériterait d'être approfondi...
je crois effectievement aussi que cela mérite vraiment vraiment d'etre approfondi et expérimenté en soi...
Lorsque vous aurez des Yeux dans vos yeux,une Main dans votre main,un Pied dans votre pied,une Image dans votre image, alors vous entrerez dans le Royaume....
Re: Vivre dans le moment présent. Piège, voie d'accès ou signe d'éveil ?
d'un coup, je dirais, connaître le "moment présent", en étant adulte, après avoir passé par tous les fils tendus, au cours de la vie, c'est une sacrée chance ... (quand on voit, malheureusement, touTEs celles et ceux qui sont boufféEs par la "vie" ...)
et dans un second temps, je dirais que l'Instant présent, reste l'instant présent, que ce soit pour le maître, le sage, le "pris dans ce qu'il fait", ou encore l'enfant !
on dirait bient, que la différence, réside surtout dans le fait de Le retrouver après avoir vécu, tout ce qui a été vécu !
joue guitare, joue !
et dans un second temps, je dirais que l'Instant présent, reste l'instant présent, que ce soit pour le maître, le sage, le "pris dans ce qu'il fait", ou encore l'enfant !
on dirait bient, que la différence, réside surtout dans le fait de Le retrouver après avoir vécu, tout ce qui a été vécu !
joue guitare, joue !
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